vendredi 12 décembre 2008



C’est bientôt Noël, chacun est occupé à préparer les fêtes, on décore la maison avec le sapin, les boules, les guirlandes… etc. A ce propos, je vous signale que, écologie oblige, nous avons acheté cette année une guirlande lumineuse à batterie solaire. Je compte sur la tendance verte actuelle pour ne pas avoir été la seule à me faire avoir…
Nous sommes dans une région où l’ensoleillement devrait permettre l’utilisation de ce genre de produit. Manque de chance, le premier jour, il pleuvait. Donc, le soir, pas de lumière… le lendemain, belle journée, le capteur est en plein soleil derrière la baie vitrée, on va avoir des illuminations fabuleuses… Effectivement, ça scintille, c’est coloré, c’est plutôt joli, ça dure trois secondes et tout s’éteint. Peut-être que ça clignote… On attend… Dix secondes, une minute, on pense que ça clignote sur un drôle de rythme… Un peu plus tard, on se dit qu’il faudrait retrouver la boîte et le mode d’emploi.

C'est vrai qu'on est un peu comme ça : la notice, on la lit si on a un souci avec le matériel.
Où est passée cette fichue boîte ? Reconnaissons que nous attribuons aux objets des intentions pour le moins curieuses… La fichue boîte a dû se planquer en vue de représailles qu’elle ne mérite pas. Après quelques farfouillages et réflexions, la boîte réapparaît, avec dedans, le mode d’emploi… Il faut l’exposer directement aux rayons du soleil.

Le jour suivant, le mistral souffle, il n’y a pas un nuage, un vrai ciel d’azur. Le capteur reste toute la journée en plein soleil et en plein vent. Honnêtement, un traitement à donner la migraine et à avoir un lumignon à la place du nez. En fait de lumignon, nous avons de nouveau trois secondes d’éclairage et puis, plus rien…

Et le ticket, qu’est-ce que j’ai fait du ticket ? Je crois bien qu’il est parti (pas tout seul) à la poubelle et depuis le temps, la poubelle est allée au container, et le container dans le camion Véolia qui a dû vider sa benne à la déchetterie.

Et puisque nous parlons de déchets, quelques lignes à lire à la loupe en bas de la notice m’apprennent que les composants ne peuvent pas être changés et doivent être jetés quand ils sont usagés. Je vais donc devoir balancer toute la guirlande qui n’aura jamais servi …

Alors… Alors… Alors ??? Zorro est arrivé, sans se presser, le grand Zorro, le beau Zorro, sans son cheval, avec une prise, il a bricolé l’après-midi entière et il a transformé la fausse guirlande écolo en vraie guirlande électrique qu’on ne jettera pas tout de suite…

Après résolution du problème cornélien, à savoir soit jeter la chose et augmenter ainsi notre production d’ordures (neuves), soit consommer un peu plus d’électricité, nous avons tous été ravis qu’une lumière vienne éclairer notre lanterne (ou plutôt notre guirlande), surtout Teddy…


vendredi 26 septembre 2008

Prince














J'ai entendu dire que le Prince de Lu a maigri. Vous connaissez sûrement ces biscuits croustillants, sucrés et vanillés unis par une couche de chocolat au lait légèrement crémeux sans être mou. A quatre heures, l'ouverture du paquet fait un bruit particulier qui attire les enfants
.
En principe, on en prend un aussi, parce que les regarder croquer dans le gâteau, entendre le craquement du sablé et humer ces vagues biscuitées et chocolatées est au-dessus de nos forces. Il est irrésistible ce Prince-là ! En revanche, il ne résiste pas à nos petites tentations gourmandes.

Je suppose que vous connaissez la technique pour en venir à bout.

Le jeu consiste à séparer les deux moitiés sans rien casser. C'est un petit exploit qui donne satisfaction quand on y parvient. Je mange, sans me presser, le côté sec. Il faut faire durer le plaisir, mais je pense déjà à l'autre...
A ce stade, trois options possibles :

1 - Vous raclez le chocolat avec les dents au risque de vous faire de très jolies moustaches marron.

2 - Vous léchez jusqu'au bout pour sentir fondre le chocolat sur la langue.

3 - Vous croquez pour plonger les incisives dans le chocolat mou avant d'arriver au biscuit craquant.

Chacun son scénario.

Le problème, actuellement c'est que le Prince a perdu du poids : 30 grammes par paquet, ce qui fait tout de même, en admettant qu'il y ait 12 biscuits dans l'emballage, 2,5 grammes par Prince...
Reste à savoir s'ils ont allégé le sablé ou le fourrage... Ou les deux.

Soyons clairs, à l'heure où on s'alarme de l'augmentation du nombre d'enfants obèses, qui songerait à se plaindre d'une initiative qui tend à réduire le pouvoir du Prince ? S'il est moins riche, il se rapproche du pauvre... Il devient le Petit Prince (Saint Exupéry doit s'en réjouir), il n'en est pas moins charmant (ni moins cher !).
Je vous vois venir, vous allez dire que le bon vouloir du Prince (Lu) c'est de gagner plus en donnant moins. Soyons bon Prince, pour que Monsieur le Prince vive selon son rang, acceptons de perdre 2,5 grammes d'un biscuit digne d'un prince.
Je sais, je sais, le Jockey, cheval de bataille de Danone a perdu 150 grammes, mais un jockey qui maigrit, personne ne devrait s'en plaindre, surtout pas le cheval.

Une chose pareille, il y a quelques décennies serait passée totalement inaperçue et n'aurait d'ailleurs sûrement pas eu lieu. Nous sommes donc tombés bien bas : les Princes de l'alimentaire pour grignoter 2,5 grammes par biscuit et nous pour prendre le temps de les peser...
C'est d'un mesquin !
Après avoir LU, cachez vous la nuit pour les manger quand même, vos Prince des ténèbres !




jeudi 24 avril 2008

Gentils Pirates












Non, je ne vous ai pas oubliés ! Seulement, j'ai été prise en otage par des pirates qui m'avaient confisqué tout moyen de communication. De plus, je devais être sur le pont de bonheur, parer à l'abord d'âge, écoper en cas de débordement et pourtant c'est moi qui étais débordée...

Moi qui voulais raconter le parcours de la flamme flageolante du briquet Chinois, fleur flétrie qui fait un flop partout où elle passe, vous expliquer les nouvelles tendances et la mode printemps-été, commenter la visite de Jean-Pierre Raffarin qui, tel un roi-mage, porte un présent au président Hu : pensez donc, une biographie du général De Gaule (en Chinois ou en Français ?), ça va sûrement l'intéresser, Hu ! Qui sait ? Peut-être qu'à sa prochaine visite en France, il ira ranimer la flamme du soldat inconnu.

Mes pirates sont repartis à midi : le petit dort sûrement dans la voiture... Ils avaient envahi la maison de fond en comble et tout l'espace était investi pour leurs opérations spéciales.

J'ai dû m'initier à des sports que j'avais complètement oubliés : ramassage ultra-rapide de cuillères, hochets et jouets divers, maintien de bébé gigotant sur table à langer, esquive de jet d'urine à l'ouverture de couche, initiation à la purée... Etc.

A l'heure qu'il est, ils doivent être à Aix, ou pas loin. C'est drôle comme on s'inquiète dès qu'on a des proches sur la route... En même temps, on sait bien que ça ne sert à rien. De toute façon, ils appelleront en arrivant. Il ne reste qu'à attendre, à s'occuper en attendant. Travailler ou écrire, voire les deux.

Alors, de quoi voulais-je vous parler ? Ah oui ! J'ai vaguement entendu ce matin, une histoire racontée dans le canard enchaîné. Il paraît que les policiers chargés de reconduire les sans-papiers à l'aéroport gagneraient des "miles" (non, pas des mille et des cents) grâce à la carte de fidélité Air France. Ça m'a donné une idée. Imaginons : Modji est arrêté par Jean-Pierre qui le met dans l'avion pour le Tchad... En prenant le billet, Jean-Pierre présente sa carte de fidélité et gagne des "miles" pour ses prochaines vacances en Espagne... Quelques jours plus tard, il raccompagne Jaro, Fouad et Ying. Il est alors en possession de son billet pour la Costa-Brava. Il peut à ce moment, discrètement leur glisser à l'oreille que, quand ils reviendront, ils s'adressent directement à lui pour l'achat de leur billet, ce qui assurera son voyage en Italie de l'année prochaine. Mais non, je plaisante, c'est stupide...

Maintenant, ils doivent être aux environs d'Arles... Il y a deux heures qu'ils sont partis et il faut deux heures et demie pour le trajet.

Autre info d'une importance capitale : selon un sondage CSA, les Français aimeraient avoir François Bayrou comme premier ministre. Le président du MODEM arrive en tête de ce sondage devant Bernard Kouchner et Xavier Bertrand. Il faut bien que tout le monde mange, alors, entre les élections, les instituts de sondages travaillent en examinant à la loupe les espérances des gens qui envoient Nicolas Sarkozy à l'Elysée et espèrent qu'il va nommer François Bayrou à Matignon... Étonnant, non ?

Ils ont dû s'arrêter pour le goûter... Il ne faut pas se faire de souci.

Qu'est-ce que j'avais à vous dire encore ? Pas grand chose d'intéressant, si ce n'est que ce matin, en partant travailler, j'étais derrière une Mercedes immatriculée BMW 06. Il m'a semblé que cette voiture ressemblait de près à un mensonge, mais je ne suis pas rentrée dedans...

Ah ! ça y est, le téléphone sonne, ils sont bien arrivés, me voilà rassurée et ma chronique est terminée...

vendredi 28 mars 2008

Histoire Fumeuse

Je ne sais pas pourquoi j'ai eu cette idée, d'examiner tout ce qui est parti en fumée depuis la découverte du tabac en 1492 par Christophe Colomb à Cuba, cette île qui a toujours exploité ses plantations pour devenir le royaume incontesté du cigare. C'est ça, le but du régime communiste : intoxiquer le monde capitaliste avec ses Cohibas et autres Montecristos. Les riches fumeurs ne s'en plaignent pas et ne parlent pas de boycotter le Havane...
Mais revenons sur les étapes importantes de l'invasion de ces plantes aromatiques.
En 1556, André Thévet sème les graines de cette herbe que les indiens du Brésil nomment "pétun" (rien à voir avec le maréchal qui devait fumer du "caporal"). Oui, nos ancêtres ne fumaient pas, ils pétunaient, aucun rapport, je pense avec les pétunias, mais je n'en suis pas sûre, alors, si vous voulez essayer le pétard de pétunia, informez-moi des résultats...
En 1559 Jean Nicot ambassadeur de François II à Lisbonne, soigne son cuisinier avec un emplâtre de cette herbe. On afflue à Lisbonne pour s'en procurer. Nicot envoie des graines en France et du tabac en poudre à Catherine de Médicis pour soulager ses migraines. Toute la cour suit des traitements à base de tabac prescrits par Nicot. Je vous laisse méditer sur le fait que le tabac a commencé par être un médicament (toute la cour s'est fait "nicoter") avant de devenir un poison.
Vers 1600. Le mot tabac apparaît qui ne l'emportera sur le mot pétun (qui peut-être aboutira au "pétard") qu'au milieu du XVIIIe. En 1610 en Turquie : Mourad IV décrète que tout fumeur aurait le nez percé par un tuyau de pipe, puis serait promené sur un âne (charmant monarque !). Au Japon : les fumeurs sont condamnés à l'esclavage (on dit bien que la cigarette rend esclave !). Voilà de quoi vous donner envie d'allumer une cigarette dans un lieu public, parce que 48€, à côté de tout ça, c'est vraiment de la clémence !
A la fin du XVIIe s Colbert institue le monopole du tabac : privilège de fabrication et de vente. En 1682 Louis XIV prescrit qu'on ne prise qu'une fois pendant l'office et que le curé fournisse le tabac ainsi prisé (Ha ! Ha ! Ha ! Vin et tabac à la messe ! Ils ne s'ennuyaient pas dans ce temps-là!).
En 1844 le Français Le Maire invente la première machine à rouler les cigarettes (et les fumeurs crédules) : le cigarettotype.
En 1860 la Direction générale des manufactures de l'État est mise en place au ministère des Finances.
En 1864, noblesse oblige, les cigarettes " façon russe " font un tabac. Les belles cigarières (comme Carmen Seita) vont bientôt être remplacées par des machines à gros rendement. Le dernier empereur (Napoléon III) fume clope sur clope.
En 1910 les Hongroises deviennent Gauloises (étonnant, non ?) puis, c'est l'apparition des Gitanes-Vizir.
En 1913, Old Joe, dromadaire du cirque Barnum & Bailey, pose pour une photo qui servira de modèle au paquet de Camel.
En 1924 Philip Morris lance les Marlboro, petites cigarettes blondes dont l'extrémité est rouge, pour les femmes (spéciales rouge à lèvres) . Entre les deux guerres, les admirateurs de Garbo et Dietrich se consument pour ces femmes fatales au long fume-cigarette en écaille. Les dames, elles, s'enflamment pour Bogart et Bogarde...
En 1926, l'état crée la caisse autonome d'amortissement de la dette publique (déjà, on cherchait des trucs pour ça) à laquelle sont versées les recettes du monopole des tabacs (SEIT : Service d'Exploitation Industrielle des Tabacs). Il faut dire que l'état était en perpétuel déficit...
En 1935, le SEIT devient SEITA, lorsque la gestion du monopole des allumettes lui est confiée. Histoire de mieux faire tourner la boutique, on fait de la publicité partout : sur les affiches, au cinéma, dans les stades à la mi-temps... Et j'en oublie sûrement. De fait, la cigarette donne l'image de la femme émancipée, de l'homme d'affaire séduisant, ou du cow-boy des grands espaces. On l'offre facilement (plus maintenant).
La seconde guerre mondiale développe encore la notoriété de la cigarette et après, la société de consommation fait le reste : on développe encore la réclame, on fournit les militaires en munitions et cartouches, bref, tout le monde fume.
C'est dans les années 50 qu'on commence à observer la nocivité du tabac. Chose étrange, c'est au moment où la sécurité sociale s'étend pour protéger la population laborieuse qu'on commence à faire marche arrière au niveau de la publicité. Après avoir voulu gagner de l'argent pour réduire les déficits, on s'aperçoit que les dépenses de santé ne sont pas compensées par les recettes du tabac. La guerre du feu commence avec Simone Veil, se poursuit avec Claude Evin, le prix prohibitif d'un paquet de Marlboro prive les jeunes d'un plaisir qu'on recommandait à leurs grands-parents. On en appelle à la responsabilité du consommateur alors que certains ont gagné des procès contre les fabricants. Le plus étonnant, dans tout ça, c'est que la population suit les fluctuations, les modes, qu'on peut lui faire faire une chose un jour et son contraire le lendemain. Alors, je vous le dit, les allumés ne sont pas près de s'éteindre !


mercredi 26 mars 2008

Que faire de la fonte ?









Cette semaine, Mamie Nova est débordée, alors, c'est moi qui prends le relais. Je me présente : je suis la cocotte en fonte et je vais vous raconter mon histoire.

Je suis très vieille et je ne me souviens plus très bien de ma naissance. Je pense que ça devait être dans un creuset du Creusot, en tout cas, je n'ai pas connu la grande surface de distribution. Non Messieurs dames, moi, on m'achetait chez le quincaillier ou le droguiste, comme on disait, mais j'ai peut-être été vendue sur le marché de Rueil Malmaison. A cette époque, j'étais vraiment à la pointe du progrès... Je garantissais le mijotage, je conservais la chaleur, j'allais aussi bien sur le feu que dans le four, bref, on pouvait tout cuisiner dans mon giron.

Me voilà donc arrivée aux Souffrettes où j'ai commencé ma carrière sur la cuisinière à charbon. Vous en avez peut-être vu, de ces chefs d'œuvre en fonte émaillée, vert ou bleu avec deux foyers circulaires en forme de cible qu'il fallait alimenter régulièrement... Ah ! J'en ai vu défiler des recettes de cuisines ! Et que j'te fais mijoter une daube, et que j'te fais rissoler des pommes de terre, et que j'te prépare un ragoût, de la saucisse aux pommes, du lapin aux pruneaux, j'ai même fait revenir (pas à la vie) des pigeons voyageurs... C'est que la famille était nombreuse ! Les parents et quatre enfants qui avaient bon appétit ! Alors, comme je ne suffisais pas toujours à la tâche, on m'a adjoint une petite pour me seconder. C'est vrai qu'elle n'était pas bien grande, elle n'avait pas ma capacité, mais elle me complétait bien.

Et puis, il y a eu la guerre : les fils sont partis, ils ont été prisonniers et je me suis retrouvée un peu trop grande, certains soirs où ma patronne accommodait comme elle pouvait les rutabagas et les topinambours. Mais le plus souvent, c'était la p'tite qui me remplaçait...

Après l'occupation, tout le monde est rentré, mais le Papa n'était plus là. Je crois qu'ils avaient essayé d'emmener leur fille en zone libre et il a eu une attaque dans le train. Il n'est jamais revenu... Les garçons se sont mariés et ils ont quitté la maison. La fille s'est mariée aussi mais elle est restée. J'étais déjà d'âge mûr... J'avais bon fond, mais j'avais pris de l'épaisseur sur le feu au charbon. On aurait dit du ciment noir. J'ai toujours été un peu lourde, mais j'avais encore pris du poids.

Trois filles sont nées et j'ai repris du service. Il faut dire que je n'ai jamais envisagé la retraite, mais elle est venue tout doucement.

C'est dans les années soixante, je crois, qu'on a fait livrer une gazinière émaillée toute blanche.. Ça m'a fait tout drôle cette flamme bleue... Heureusement, on me remettait de temps en temps sur la cuisinière à charbon pour que je continue une cuisson lente ou simplement que je garde un petit plat au chaud. Il suffisait de régler la distance par rapport au foyer. Mais j'étais moi-même devenue trop petite, et pas très élégante... On m'a remplacé par une grande cocotte ovale, émaillée, orange (vulgaire !). Néanmoins, j'étais toujours là pour cuire la pâtée du chat gris! C'était la Mémé qui faisait ça : du mou, des carottes, des oignons, si je me souviens bien, et ça sentait tellement bon que certains visiteurs regrettaient de ne pas être ce chat-là ! Je ne crois pas qu'il ait un jour mangé du ronron...

Peu avant l'année soixante dix, ils ont tout déménagé ! Je me suis retrouvée sur une étagère que je n'ai pratiquement pas quittée jusqu'à un autre déménagement. Là, par contre, on m'a mise à la cave et j'y suis restée sans rien dire pendant des années. L'été dernier, j'ai changé de maison. A mon âge, ça n'a pas été sans douleurs... Je suis un peu rouillée. J'ai retrouvé la p'tite cocotte et la p'tite fille à qui on avait offert le chat gris... Elle m'a nettoyée et elle m'a donné un petit coup de jeune et elle m'a donné du travail. Je ne sais plus comment elle a appelé ça : un magret ou un maigret de canard. Tout ce que je peux dire, c'est que pour un maigret, il était plutôt gras... Le fait est que ça m'a tellement émue que je m'en suis fendue... Mais la première fois, elle ne s'en est pas aperçue. Elle a juste trouvé que c'était un peu trop cuit. La deuxième fois, elle a vu toute la graisse sur la plaque, elle m'a examinée... J'étais gênée ! Elle a tout vu... Je me demande ce qu'elle va faire de moi...

Bon, hé bé ma cocotte, il serait temps d'arrêter ton caquetage... Non mais, c'est quelqu'un celle-là ! En plus d'être fêlée, il faut qu'elle raconte sa vie ! Qu'est-ce que je vais en faire ? Refond-on la fonte fendue ? Je n'ai pas de grenier où mes arrière-petits-enfants pourraient la trouver un jour et, qui sait, se demander à quoi ça pouvait bien servir autrefois... Finalement, je pense que je vais la garder quand même, comme on fait toujours, parce qu'on ne sait jamais...

mardi 25 mars 2008

Info primordiale !









Je ne sais pas où vous en êtes, vous, des municipales, mais pour nous, c'est fini. C'est comme ça, notre maire, certainement excellent, que tout le monde se promettait de ne pas réélire, UMP tendance FN, ancien chef de cabinet de Michel Mouillot, mouillé dans une sale affaire à Nouméa en tant que gendarme (vous avez dû en entendre parler...), a été réélu avec largement la moyenne. Tant pis pour nous, comme on dit : "on a que ce qu'on mérite !"

Donc, Monsieur Leroy a été maintenu dans ses fonctions et il remercie ses électeurs par des affiches jaune fluo du plus bel effet... Du coup, il a fait enlever les décorations de Noël, son cadeau étant enfin arrivé.

Il faut dire que depuis qu'il est là, Mandelieu est devenue la ville lumière : il a changé tous les lampadaires, sûrement en profitant d'une promo sur les bleus. Il y en a des grands, des petits, et ils sont bien rapprochés pour qu'on ne soit jamais dans le noir, ce qui gêne grandement les amoureux. En complément de l'éclairage public, il a rajouté des tas de feux rouges : ça met de la couleur : quatorze en 12 ans ! Mais la fête ne serait pas complète sans la vidéo-surveillance et le centre commercial du centre-ville qui est aussi désert que la place des anciens combattants d'Algérie et d'Indochine dont le nom percutant témoigne de la créativité de notre premier magistrat et de son équipe.

Il a aussi contribué à l'urbanisation avec Georges V et de nombreux grands immeubles ont fleuri un peu partout. Les plaques à son nom ne se comptent plus, puisque chaque fois qu'il inaugure une rue, une place, un ascenseur ou un local poubelles, une plaque commémorative rappelle que c'est lui qui en est à l'origine.

Voilà, la colère finira bien par passer, tout ça n'est pas bien grave, comparé à l'histoire de miss France qui ne peut plus mettre son écharpe, ce qui risque de porter préjudice à sa santé, car nous ne sommes pas encore au printemps et elle risque de prendre froid. Mais je sens bien que vous n'êtes pas informés correctement, donc, je vous explique : Miss France, au lendemain de son élection a laissé paraître des photos très dénudées, voire suggestives dans des revues spécialisées. Aussitôt, Madame De Fontenay a commencé à manger son chapeau, et la société de production de l'élection des Miss s'est fâchée aussi. Le verdict est tombé, Valérie Bègue ne devra plus porter son écharpe officielle à la télévision.

Croyez-moi, tout ça est très sérieux, c'est rapporté dans "Voici". D'ailleurs, ladite société de production (Endemol) a confirmé l'interdiction. Il faut dire qu'Endemol a quand même produit, outre l'élection des Miss, Loft story, Nice people, Secret Story, Star Academy, Qui veut gagner des millions ? Et Fear Factor, donc, la culture et la décence, ses dirigeants connaissent bien...

Face à une information pareille, vous pensez bien que les municipales, avec Toulouse qui devrait être la ville rose et qui restera bleue, Marseille où le suspens est soigneusement entretenu par des gens qui connaissent bien le Milieu, Pau où le cavalier n'a pas de pot, Périgueux où le premier ministre et un ex se sont déplacés pour soutenir Monsieur Darcos... Et puis, Miss France est tellement brillante qu'elle pourrait éclipser même les producteurs d'OGM, la banquise qui fond, la banque qui cherche des fonds, les guerres, le terrorisme et j'en passe... D'ailleurs, l'indécence est peut-être là...



Mamie Nova


jeudi 6 mars 2008

La rivière et l'historien








Un historien en vacances avait lancé sa ligne dans une rivière, souhaitant en sortir une truite.
Il avait dû écouter Shubert, et essayait de troubler l'onde pour perturber la bête qu'il voyait déjà cuite.
Il était là, les pieds dans l'eau, marchant dans les cailloux quand il crut entendre une voix s'adresser à lui.
"Dis-moi, toi qui connaît les méandres de l'histoire, vas-tu suivre les miens jusqu'au bout du circuit ?"

Étonné, notre pêcheur se retourna et ne vit que l'eau qui coulait traversant la prairie.
Tiens, se dit-il, j'entends comme une voix d'eau... Je suis victime de ma rêverie.
"Je n'avais rien dit jusque'ici, j'ai lavé tes bottes et je me suis salie, mais je suis une voie d'eau,
Pas un pédiluve où l'on peut faire n'importe quoi ! Et voilà ! Ça fait trois ! Encore un mégot !"



Le discours d'eau avait troublé notre chercheur qui ne comprenait pas et en restait pantois.
Pour lui, l'eau n'émettait que des gargouillis, pas des propos en bon François...
Toutefois, sans savoir à qui il s'adressait, il s'exclama :
"Oh ! Toi, qui que tu sois, je te signale que je suis un excellent enseignant.
Quand je fais mon cours, je remonte le temps et on m'écoute attentivement !
Je suis ici pour me détendre et tu m'agaces avec tes boniments !"

"Oui, mais pour le moment, tu perturbes mon cours et tu fais la sourde oreille !
Ici, professeur, tu n'es qu'un humble visiteur et je te donne un conseil :
Pour attraper des poissons, ne t'agite pas tant, prends patience
Et reste loin du bord pour conserver ma transparence !"

Notre historien y perdit quelque peu son latin
Au village, on crut même qu'il avait abusé du Gevrey-Chambertin.
Depuis, il n'entre plus dans l’eau, ne va plus à la baille.
Je l'ai vu qui pêchait au harpon de la rive hier... Aïe !


PS : Désolée pour le calembour de très mauvais goût. Je voulais vous parler de la bataille de Kronenbourg en 1664 et je me suis aperçue que quelqu'un avait déjà écrit tout un bouquin dessus... Déçue !